La prévention au pluriel

Tout le monde s’accorde à dire que la prévention des maladies, c’est important. Mais la prévention, qu’est-ce que c'est précisément ? Selon La Haute Autorité de santé « la prévention consiste à éviter l'apparition, le développement ou l'aggravation de maladies ou d'incapacités ».

Conseil

Il y a trois niveaux de prévention distincts à considérer.


Eh bien, qu’à cela ne tienne : considérons-les systématiquement !

 

 

ET DE 1 : LA PRÉVENTION PRIMAIRE 


A ce premier niveau, l’action est dirigée en amont de la maladie : pour que cette maladie n’apparaisse pas.


L’exemple type est la vaccination. Plus précisément pour ce qui nous concerne, et si nous prenons l’exemple des maladies cardiovasculaires (l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral, etc.), la prévention est dirigée sur les facteurs de risque : le tabagisme, l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, le diabète, etc.


A noter à ce sujet que des facteurs de risque peuvent déjà être des maladies. C’est le cas en particulier du diabète.

 


ET DE 2 : LA PRÉVENTION SECONDAIRE


L’action intervient cette fois à un stade précoce de la maladie.


La maladie, elle est là ; mais il faut aller la repérer, la dépister.


Reprenons l'exemple du diabète : le père est diabétique ? La mère est diabétique ? Cette personne a-t-elle pris du poids ? Allons voir la glycémie à jeun, et pourquoi pas après un repas aussi ; et si la glycémie dépasse 1,26 g à jeun, 2 g deux heures après un repas, le diabète est bien là.


L’action à ce niveau est importante parce que si la prise en charge est précoce, il est possible d’induire une rémission, voire même une guérison, tout au moins du diabète de type 2 et aussi s’il est possible d’induire une perte de poids durable.

 


ET DE 3 : LA PRÉVENTION TERTIAIRE 


Cette fois, malheureusement, le diabète est là, et bien là, dans la durée.


Il n’en faudra pas moins tout faire pour qu’il y ait le moins de complications possibles (touchant l’œil, le rein, les gros vaisseaux, etc.).


Malheureusement, un infarctus est survenu ; il faudra maintenant tout faire pour éviter une récidive.


Et si malheureusement handicap il y a maintenant, il faudra tout faire pour qu’il y ait le moins d’entrave possible à la vie de tous les jours.

 


ET L’ÉDUCATION DU PATIENT DANS TOUT CELA ?


L’éducation du patient, qui se propose d’accompagner les patients dans le dur chemin de la maladie, avec un suivi individuel et aussi des travaux en petit groupe, avec des techniques pédagogiques adaptées, nous pourrions la situer… à tous les niveaux : en prévention primaire, face au diabète, pour que ce dernier n’engendre pas de maladie cardiovasculaire ; face au diabète récent, pour qu’il n’engendre pas les complications spécifiques du diabète ; et face au diabète ancien, compliqué, pour que ces complications aient le moins de portée possible ; que ce soit sur le plan physique, le plan psychique, et encore le plan social.


Car la santé, la bonne santé ; ce sont ces trois dimensions à la fois !

 

 

Alors l’éducation du patient pour tout le monde ?


Pour autant, il n’est pas pertinent de proposer à tous cette « éducation du patient » (c’est le terme consacré mais je mets des guillemets car c’est mal nommé : on n’éduque plus un adulte ; on le forme plutôt), cette éducation du patient donc est plutôt à proposer aux personnes en situation de résistance ou même d’échec avec les actions plus habituelles.


Face au surpoids installé, par exemple encore, des consultations diététiques très bien menées devraient être aidantes. Si malgré tout le poids ne décroche pas, alors, et alors seulement, il serait bon de s’interroger sur les résistances au changement, de mener un travail plus en profondeur encore.

 

 

A la racine !


Cela dit, nous savons très bien que consultation diététique ici, éducation du patient là, il ne s’agit jamais que du « rattrapage », parce que l’on n’est pas intervenu assez tôt.


La prévention passe avant tout, devrait passer avant tout par l’éducation sanitaire, et l’éducation sanitaire à l’école.
Plus on intervient tard, sinon, plus le changement est difficile à obtenir.
 


Petit quizz !


Avez-vous une idée de la proportion d'argent dédié à la prévention, comparativement au traitement curatif ?


 A= 10% ? B= 9 % ? C= 8 % ? D = 7 % ? E = 6 % ?

 

(Réponse : Aucune, la réponse est 0,5% !)

 

 

Auteur : LALAU Jean-Daniel (Pr - Médecin nutritionniste)

 

 

Côté MGP 

Parce que les maladies chroniques ne concernent pas que les adultes, la MGP propose un soutien aux enfants déscolarisés. Il permettra la mise en place d'un soutien scolaire à domicile ou sur le lieu d'hospitalisation.